Alice Groupe Artistique

Alice est un groupe artistique qui expérimente le croisement des écritures artistiques : le mot, l'image, le corps, la musique et interroge la place du spectateur dans le processus de création.

Et maintenant ici, on fait quoi (ensemble) ?

«Qu’on soit d’ici ou d’ailleurs, ensemble, on peut construire. Ensemble, on peut avancer. Ensemble, on peut vivre mieux. Des actions collectives, enrichies de toutes nos différences, se mettent en place tous les jours. A contre-courant du discours dominant qui alimente l’hostilité et la peur, le vivre ensemble existe, et cette réalité vécue ouvre de nouvelles perspectives. C’est possible, riche de sens et nécessaire.» Migrant’Scène 2016

En novembre 2016, la Cimade lance un appel à des artistes nantais pour organiser un temps de création et d’échanges entre migrants et habitants du quartier des Olivettes qui a la particularité d’accueillir beaucoup d’associations d’accompagnement et d’aide au migrants.  Virginie Frappart du groupe artistique Alice, Hugo Vercelletto de la Cie des Maladroits et Pierre Roba de la Tribouille y répondent et organisent un temps de jeu théâtral et de rencontre à POl’n sur un week-end de décembre.

Une trentaine de personnes participent à ce premier rendez-vous : jeunes mineurs isolés, habitants, photographe amateurs et artistes professionnels, militants associatifs.

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Ce premier moment de rencontre et de travail sur le plateau vient combler une nécessité de rencontres et de faire ensemble :
La parole circule.
Les corps sont présents et justes.
Les rencontres informelles autour du café ou du repas partagé sont chaleureuses.

Très vite se constitue une équipée, une « compagnie »  de création et nous décidons de poursuivre l’aventure collective, humaine et nécessaire d’une création théâtrale partagée (migrants/habitants/militants) proposée autour de collectage de paroles, de temps de jeu au plateau, de lectures, de photographies : Et maintenant, ici, on fait quoi (ensemble) ?

 

« Quand on ne voit plus quelqu’un il n’y a plus personne ?
Faire qu’il n’y ait plus personne là où il y quelqu’un, c’est le contraire de l’hospitalité, c’est l’inhospitalité
Et l’inhospitalité devient hostilité
Notre tentative est fragile et délicate
Mais elle n’est pas modeste
Elle est même immodeste
Une impulsion à ne pas céder à la pulsion de l’expulsion
Un pari pour l’hospitalité»

En 2017, nous avons organisé trois temps de présentation publique à POL’n ; une sortie de chantier en mars et deux représentations en décembre.  
Sur le plateau, ils sont 21 ; 10 jeunes venus d’Afrique de l’Ouest pour la plupart, 6 habitants du quartier des Olivettes (dont 1 enfant et 2 ados), 4 comédiens amateurs et 1 comédien professionnel. Dans les coulisses, un scénographe/réalisateur, deux techniciens du DMA de Guist’hau et une dizaine d’habitants bénévoles et de militants (régie, cuisine...)
En 50 minutes, le spectacle aborde l’exil, le voyage, le squat, l’attente, la violence du traitement aléatoire de chaque situation, le doute du militant, les questions des habitants, la force de vie des jeunes...
Pour chaque temps, le public est venu en nombre. Dans la salle, d’autres habitants, d’autres jeunes aussi, d’autres militants de différentes associations. Nous sommes à chaque fois obligés de refuser des spectateurs. L’attente est forte.
Sur chaque représentation, nous vivons un moment rare et puissant qui nous rappelle pourquoi on fait théâtre. Ça rit dans la salle. Ça rit jaune. Ça pleure aussi. Beaucoup d’émotions. L’aventure collective a fonctionné et nous donne bien sûr l’envie de continuer.
Plus que l’envie, d’ailleurs. La nécessité.

 

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Et alors 2

Et alors 5

Et alors 7

Et alors 10

« Le chemin ne s’arrête pas là
Il faut continuer à marcher
Alors maintenant, ici, on fait, quoi (ensemble) ?
Tenter avec nous une tentative théâtrale
Une utopie en œuvre.»

La volonté est de poursuivre le travail avec l’équipe constituée en gardant à l’esprit la grande précarité des situations des jeunes et en étant vigilant à rester dans l’accueil et l’ouverture.
Ces week-end de travail sont aussi des temps où l’on rompt l’isolement, on recrée un cadre, une «famille».

Pour la seconde phase de travail, nous avons sollicité le soutien de la Fondation de France et  du Ministère de la Culture pour développer un travail d’écriture et d’expression avec les jeunes dont certains ne sont pas francophones.
Nous cherchons également à développer de nouveaux partenaires artistiques (chorégraphe, musiciens) et culturels que ce soient pour les répétitions (783, LU, TNT), des temps d’échanges (Wattignies social Club, Migrant Scène 2017), des opportunités de représentations (Tissé Métissé).

Calendrier de travail 2018 :  11 février (POL’n) / 18 mars (en cours) / 15 avril (LU) / 27 mai (LU) / 17 juin (POL’n)

Partenaires de création : La Tribouille, la Cimade, POL'n, la maison de quartier des Olivettes, la Fondation de France, le Ministère de la Culture, Ateliers Guichard

Dossier de présentation : ici